Cette section divulgue plusieurs information liées à la santé globale des hommes qui ont des relations avec d’autres hommes, qui pourrait t’aider dans les réponses que tu cherches!

Ça fait déjà plus de deux mois que les mesures de distanciation physique ont commencé au Québec. Chez RÉZO, l’une des questions qui nous revient le plus souvent concerne les risques de transmission de la COVID-19 en contexte de sexualité. Avouons que la situation actuelle force la créativité à tous les égards, incluant pour les hookups, les plans culs ou les baises entre gars… peu importe l’expression!

Pour plusieurs gars GBT2Q – et pour les communautés 2SLGBTQIA+ –, l’expression de sa sexualité peut être en soi un acte de résistance, soit faire ce qui nous plait dans sa sexualité en marge des normes ou attentes hétéronormatives en place. Parfois toute une vie durant et encore aujourd’hui, la société et les institutions nous présentent sans cesse des préjugés issus d’une vision hétéro : une femme cis pour un homme cis, et leurs enfants forment une condition « idéale ». Par exemple, on pourrait trouver que le décret québécois s’adresse à une famille répondant à un modèle plus traditionnel. Certains répondront que cela repose sur la « faisabilité » et la logique du « gros bon sens », mais que faire, par exemple, d’amoureux ou d’amants ne résidant pas à la même adresse? Ne pourraient-ils pas aussi avoir des conseils ou informations sur la prévention, pour être capables d’évaluer eux-mêmes leurs propres niveaux de risques? 

Dans un contexte où, pour assurer le respect des règles sanitaires dans nos communautés, le gouvernement a appelé la population à recourir à la délation, le non-respect de cet arrêté ministériel peut donner lieu à des interventions policières et des contraventions de plusieurs centaines de dollars. Rappelons que certains actes sexuels n’ont été décriminalisés au Canada et au Québec qu’à partir de 1969, que des hommes de nos communautés ont vécu ce contexte répressif. 

Comme de raison, nos sexualités ont été et sont peut-être encore considérées comme « anormales » : elles ont été médicalisées, interdites, criminalisées, et sont toujours stigmatisées. Cet acharnement contre les sexualités queer est impossible à oublier. Mais ces sexualités diverses nous ont aussi permis de tisser des liens profonds les uns avec les autres. À RÉZO, nous croyons que ce contexte social passé et présent entourant nos sexualités doit être reconnu, que nous devons faire valoir les choix des gars GBT2Q, et que la façon de vivre notre sexualité nous appartient.

Dans le contexte actuel – et avec le déconfinement qui commence progressivement – il demeure encore nécessaire de se protéger face aux risques que représente la COVID-19.  Les connaissances que nous avons maintenant sur la transmission du coronavirus ne permettent pas encore d’identifier les risques en fonction des pratiques sexuelles. Ce qu’on sait sur la transmission du virus ? La COVID-19 « se transmet majoritairement d’une personne à une autre par le contact avec gouttelettes qui sont projetées dans l’air quand une personne malade parle, tousse ou éternue » – ça, ce sont les données scientifiques qui le disent.  

Il y aurait des traces de coronavirus dans les fluides corporels comme le sperme, ou les matières fécales, mais il n’est pas prouvé qu’elles ont causé des infections à la COVID-19. Aussi, puisqu’à notre sens, les personnes qui coupent leur respiration pendant qu’elles ont du sexe doivent être plutôt rares, il reste difficile d’identifier les risques de transmissions « dans la vraie vie » pendant du sexe !

La santé publique le dit depuis plusieurs semaines :  tenez-vous physiquement à l’écart des personnes qui ne partagent pas votre foyer. On le sait bien, que plusieurs personnes – pas juste des gars GBT2Q, hein! – continuent d’avoir du sexe avec leurs partenaires habituels, ou des partenaires complètement nouveaux. Oui, en temps de pandémie, il serait idéal d’arrêter d’avoir du sexe avec des partenaires occasionnels ou inconnus, parce qu’on ne sait pas comment ils se protègent de la COVID-19 quand on n’est pas ensemble, et que beaucoup de personnes sont aussi asymptomatiques. On sait que ce n’est pas possible pour tout le monde, et ce, pour différentes raisons. À RÉZO, on reconnaît ces réalités et partagera, comme d’habitude sans jugement, toute information pour permettre à chacun de faire ses choix. Ce qui est valable pour la COVID-19 l’est depuis longtemps pour les ITSS: que chacun prenne les moyens pour réduire au maximum les risques pour lui-même et pour les autres, tout en respectant sa capacité d’agir.

Déjà que les personnes queers, qu’elles soient cis ou trans, expérimentent plus de dépression et d’anxiété que la population générale, la distanciation physique renforce la difficulté d’un quotidien avec peu de contacts humains. Irritabilité, difficultés à dormir, craintes, fatigues peuvent survenir en situation d’isolement. La situation actuelle apporte aussi son lot d’anxiété et de stress, ce qui peut pousser des gars de nos communautés à chercher du réconfort, notamment à travers la sexualité. 

Sans être une recette miracle à une nouvelle dose de stress, voici quelques actions que tu peux entreprendre et sur lesquelles tu as du pouvoir :

  • Trouve des informations crédibles sur le virus et les risques de transmission;
  • Cherche un équilibre entre rester informé et t’éloigner des nouvelles;
  • Évalue ta prise de risque à la COVID-19;
  • Reste en contact avec des personnes proches ou contacte des lignes de soutien et d’écoute;
  • Porte attention à tes autres besoins (repos, exercices physiques, relaxation, etc.);
  • Fais attention à toi, et si tu en as l’énergie, prête main-forte aux autres.

D’ici à ce que les risques de transmission dans la communauté soient moins importants, qu’un remède ou un vaccin soit trouvé, tu peux adapter ta sexualité pour réduire les risques de contracter le virus ou de le transmettre aux personnes qui partagent ton quotidien.

Comme nous l’avons partagé dans les dernières semaines (cliquer ICI), dans le contexte d’une pandémie comme la COVID-19, les pratiques qui présentent le moins de risques, sont celles qui se pratiquent seul, avec ou sans jouet. Après tout, il n’y a aucun contact avec d’autres personnes, donc aucune transmission possible! En plus, la masturbation reste un bon moyen de réduire le stress, entre autres parce que c’est plaisant, mais aussi parce que ça remplace l’incessant fil de nouvelles qui rappelle toujours la pandémie. C’est du gagnant-gagnant!

Côté jouets, les laver à l’eau chaude et au savon après chaque utilisation – surtout s’ils sont partagés – est toujours une bonne chose à faire. Un peu plus audacieux que le sexe en solo, le sexe entre partenaires qui habitent sous un même toit permet quand même d’amener du coronavirus par quelqu’un d’autre. Si tes partenaires évitent les contacts extérieurs, il y a alors peu de risque de transmission. Il faut juste comprendre qu’on ajoute une part des risques pris avec chaque personne qu’on ajoute à notre « bulle » de personnes. 

Vivre ta sexualité en temps de pandémie : quelques conseils pratiques

Si tu ne veux pas sortir de chez soi, as-tu essayé de flirter ou le sexe par les applications, avec webcam, ou par téléphone? Quelques mots sur les applications : certains gars sont sur les applications pour rencontrer, alors que d’autres sont là pour jaser et flirter. D’un cas comme de l’autre, elles peuvent aider avec l’isolement, tant que tu matches avec quelqu’un qui partage tes objectifs. Curieux d’essayer? Lance-toi!  Grindr, Hornet, Adam4Adam, Scruff, Gay411, EasyGayChat n’attendent que toi. Tu pourrais même y croiser un intervenant de RÉZO, viens nous jaser!

Si les partenaires sexuels viennent plutôt de l’extérieur de chez toi, selon la compréhension actuelle, voici des trucs qui réduisent le risque d’infection :

  • Nettoyer régulièrement les surfaces, les poignées de porte, la sonnette, ton téléphone…
  • Prends une douche avant et après la relation sexuelle – utilise une serviette non partagée!
  • Lave-toi le visage et les mains avec du savon 
  • Évite les pratiques qui incluent la salive : baisers, les jeux de crachat… 
  • Évite les pratiques bucco-anales (rimming, ou anulingus)
  • Réduis le nombre de partenaires différents avec qui tu as des pratiques sexuelles
  • Réduis le nombre de partenaires présents à chaque relation sexuelle
  • Avoir des pratiques qui n’incluent pas de contact physique – regarder l’autre se masturber, par exemple.

Sois prudent si tu fais ta solution hydroalcoolique à la maison, plein de recettes farfelues circulent! Le mieux (et le plus économique) reste encore de l’eau chaude savonneuse. Sors la guenille!

Une note importante avant de courir chez ta prochaine date : les services de dépistage des ITSS ou de distribution de matériel de prévention comme les condoms n’opèrent pas à plein régime en ce moment. Il faut faire attention aux pratiques sexuelles et utiliser des moyens de protection appropriés pour éviter de propager plus que la COVID-19.  Clique ICI pour en savoir plus sur l’offre de dépistage. 

Si tu cherches du matériel de prévention ou de consommation pour ta prochaine relation sexuelle, voici quelques endroits où tu peux te référer à Montréal, sinon prends contact avec ton organisme régional : 

RÉZO, 514-730-5757 – Pour les gars qui aiment les gars, cis ou trans
ASTT(e)Q, Tio’tia:ke – Montréal, 514-847-0067, poste 207 – Les lundis, pour personnes trans
À deux mains, 514-481-0277 – En semaine, pour les jeunes de 12 à 25 ans 
Le PIaMP, 438-504-7483 (mardi et jeudi) et 438-502-1267 (mardi) – Pour les jeunes de 12 à 25 ans qui font des échanges sexuels
STELLA, 514-285-8889 – En semaine, pour les travailleuses du sexe


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